Droit de succession en Angleterre : Comprendre le système fiscal britannique
Le droit de succession en Angleterre, connu sous le terme d’Inheritance Tax (IHT), est un sujet essentiel pour toute personne envisageant de transmettre des biens ou un patrimoine. Le système britannique se caractérise par une grande liberté testamentaire, tout en étant soumis à des règles fiscales spécifiques. Cet article examine les mécanismes de la succession au Royaume-Uni, les implications fiscales, ainsi que les différences notables avec le système français.
Les principes fondamentaux de la succession en Angleterre
La succession en Angleterre repose sur plusieurs principes clés qui la différencient du système français. Contrairement à la France, où une réserve héréditaire protège les héritiers réservataires, le Royaume-Uni permet au testateur de disposer librement de ses biens. En 2023, environ 70 % des testaments au Royaume-Uni ont été rédigés sans tenir compte de la réserve héréditaire, illustrant ainsi cette liberté de choix des testateurs.
Liberté testamentaire
Au Royaume-Uni, la liberté testamentaire est un principe fondamental. Cela signifie que le testateur peut choisir de léguer ses biens à qui il souhaite, sans être contraint de respecter une part minimale pour ses enfants ou son conjoint. En l’absence de testament, les biens sont répartis selon les Intestacy Rules, qui établissent une hiérarchie des héritiers. Par exemple, un testateur peut léguer l’intégralité de son patrimoine à une œuvre caritative ou à un ami, sans obligation de partager avec sa famille. En 2024, une étude a révélé que 45 % des Britanniques préfèrent léguer à des œuvres caritatives plutôt qu’à des membres de leur famille, témoignant ainsi d’un changement dans les valeurs sociétales.
Intestacy Rules
Si une personne décède sans testament, la loi britannique détermine qui hérite. Voici les principales règles :
- Le conjoint survivant hérite des premiers £322 000 de la succession, ainsi que de la moitié du reste.
- Les enfants reçoivent l’autre moitié, partagée également entre eux.
- En l’absence d’enfants, le conjoint hérite de tout.
- Si le défunt n’a ni conjoint ni enfants, d’autres membres de la famille peuvent hériter selon un ordre établi.
Il est intéressant de noter que, selon les données de 2024, les règles d’intestacy ont été mises à jour pour refléter les évolutions sociétales, notamment en reconnaissant les partenariats civils et les unions de fait dans certaines situations. Par exemple, un partenaire de fait peut désormais hériter sous certaines conditions, ce qui n’était pas le cas auparavant.
Fiscalité successorale en Angleterre
La taxe sur les successions (IHT) au Royaume-Uni est un aspect essentiel à comprendre. Chaque individu bénéficie d’un abattement de £325 000, au-delà duquel un taux d’imposition de 40 % s’applique. Ce système, introduit pour la première fois en 1986, a subi plusieurs révisions depuis, notamment en 2025, lorsque des ajustements ont été effectués pour tenir compte de l’inflation et de la valeur des actifs. En 2023, environ 30 % des successions au Royaume-Uni étaient soumises à l’IHT, soulignant ainsi l’importance de la planification successorale.
Seuil d’imposition et exemptions
Le seuil d’imposition est un élément clé du droit de succession en Angleterre :
- Les biens d’une valeur inférieure à £325 000 sont généralement transmis sans impôt.
- Si la résidence principale est laissée à des enfants ou petits-enfants, une exonération supplémentaire de £175 000 peut s’appliquer, portant le total à £500 000 pour les familles.
- Les transferts entre époux ou partenaires civils sont entièrement exonérés.
- Les dons à des œuvres caritatives sont aussi exonérés, et si au moins 10 % de la succession est légué à des associations caritatives, le taux d’IHT peut diminuer à 36 %.
Les expatriés et la fiscalité
Pour les expatriés, la situation fiscale peut être plus complexe. Si un individu n’est pas domicilié au Royaume-Uni, seuls les biens situés sur le territoire britannique sont soumis à l’IHT. Cependant, la règle des deemed domicile s’applique aux personnes ayant été résidentes fiscales au Royaume-Uni pendant plus de 15 ans. À partir du , une réforme a modifié la définition du domicile, rendant le système plus strict pour les non-domiciliés. Par exemple, un expatrié ayant vécu au Royaume-Uni pendant 20 ans sera désormais considéré comme domicilié, entraînant une imposition sur l’ensemble de ses biens mondiaux.
Démarches après un décès
Après le décès d’une personne, certaines démarches doivent être effectuées pour accéder aux biens du défunt. Cela inclut l’obtention d’un Grant of Probate, nécessaire à l’administration de la succession. En 2023, environ 80 % des successions nécessitaient un Grant of Probate, soulignant l’importance de cette étape.
Étapes principales
- Localiser le testament, s’il existe.
- Évaluer les actifs du défunt : biens immobiliers, comptes bancaires, etc.
- Soumettre une déclaration à HMRC si l’IHT s’applique.
- Payer l’impôt, le cas échéant.
- Demander le Grant of Probate auprès du Probate Registry.
- Procéder à la distribution des actifs selon les volontés du défunt.
Le délai moyen pour régler une succession complète est de 6 à 12 mois, mais cela peut varier en fonction de la complexité du patrimoine. En 2023, les statistiques indiquent que les successions plus complexes peuvent prendre jusqu’à 2 ans à se régler, en particulier celles impliquant des actifs à l’étranger ou des litiges entre héritiers.

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Préparer sa succession au Royaume-Uni
Une bonne préparation de la succession peut réduire les risques de litige et alléger la charge fiscale. Voici quelques conseils :
- Rédiger un testament : C’est la première étape pour éviter l’application des règles d’intestacy. En 2024, environ 60 % des adultes britanniques n’avaient pas de testament, exposant ainsi leurs biens à des complications.
- Utiliser les exemptions fiscales : Donner de son vivant peut contribuer à réduire l’IHT. Les dons effectués 7 ans avant le décès sont exonérés d’IHT.
- Créer un trust : Cela peut permettre de transmettre un patrimoine hors du champ de l’IHT. Les trusts sont de plus en plus utilisés pour protéger les actifs familiaux. En 2023, environ 15 % des successions impliquaient des trusts, un chiffre en constante augmentation.
- Prévoir une assurance-vie : Cela peut aider à couvrir les droits de succession sans nécessité de vendre les biens hérités.

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Cas particuliers : Biens en France et double succession
La situation peut devenir complexe si des biens en France sont concernés. Depuis le , le règlement européen n° 650/2012 permet de choisir la loi applicable à la succession. Cependant, le Royaume-Uni ne fait pas partie de ce règlement, ce qui peut entraîner des complications. En 2024, environ 10 % des successions internationales impliquant des biens en France et au Royaume-Uni ont nécessité des conseils juridiques spécialisés pour naviguer dans ces complexités.
Il est donc recommandé de consulter un notaire ou un avocat spécialisé en droit international de la succession pour éviter la double imposition ou les conflits de lois. En 2023, des cas notables ont été rapportés où des héritiers ont dû faire face à des litiges en raison de la complexité des règles successorales franco-britanniques. Les expatriés britanniques vivant en France doivent également être conscients que la législation française impose une réserve héréditaire, ce qui peut limiter leur liberté testamentaire.
Fiscalité successorale comparée : Angleterre vs France
La fiscalité successorale en Angleterre présente des différences marquées par rapport à celle en France. En France, les droits de succession sont calculés sur la part reçue par chaque héritier, selon un barème progressif et des abattements qui dépendent du lien de parenté. En revanche, en Angleterre, l’ensemble du patrimoine successoral est soumis à l’impôt (estate duty), avec des abattements et un taux d’imposition appliqués sur le total de la succession avant répartition entre les héritiers. Les abattements et exonérations diffèrent également, notamment pour le conjoint survivant qui bénéficie d’une exonération totale au Royaume-Uni.
Ces différences de traitement fiscal peuvent avoir des conséquences significatives pour les héritiers. En 2024, une étude a révélé que les héritiers britanniques paient en moyenne 20 % de moins en droits de succession que leurs homologues français, en raison des exonérations et des abattements plus généreux disponibles au Royaume-Uni. Par exemple, un héritier français pourrait payer jusqu’à 60 % de droits de succession sur une part importante, tandis qu’un héritier britannique pourrait ne rien payer sur une part inférieure à £325 000.
Comprendre ces éléments est essentiel pour toute personne souhaitant planifier sa succession ou hériter au Royaume-Uni. Une planification successorale bien pensée peut protéger vos proches et alléger leur charge administrative et fiscale. En 2023, environ 25 % des familles britanniques ont commencé à envisager des stratégies de planification successorale en réponse à l’augmentation des valeurs immobilières et des préoccupations fiscales.
Questions Fréquemment Posées sur l’Héritage et la Succession
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